La bibliothèque du prof de l'être: Les confidences d'Arsène Lupin, Maurice Leblanc

Publié le par Le prof de l'être

Cela faisait quelques années que je ne m'étais pas plongé dans les aventures d'Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur inventé par Maurice Leblanc à l'aube du XX eme siècle. J'avais déjà lu, pour le besoin d 'un mémoire, les premières aventures du héros, dont Arsène Lupin contre Herlock Sholmes, et l'Aiguille creuse, qui m'avait laissé une forte impression. Après avoir découvert les enquêtes de Sherlock Holmes, au moment de choisir un nouveau livre dans ma bibliothèque, je me dis :

« Pourquoi ne pas s'intéresser aux Confidences d'Arsène Lupin ? »

Quelques jours plus tard, en refermant le livre, mon avis est assez mitigé. Sans doute que ce recueil des aventures d'Arsène Lupin souffre de la comparaison avec ma précédente lecture.

Maurice Leblanc choisit le format de la nouvelle (chacune fait une vingtaine de pages). Ce choix est contestable. Une bonne partie aurait méritée un développement plus ample, notamment dans leur situation initiale. Il n'est pas rare que l'aventure commence dès la première page, on ne sait trop comment ni pourquoi. Dans la première nouvelle Les jeux du soleil, c'est à partir d'un simple message aperçu au hasard de son appartement que l'enquête démarre. Ce début abrupt gâche le plaisir de lecture car on ne se défait pas de ce raccourci initial. C'est aussi un peu le cas du Signe de l'ombre, où c'est juste en voyant une voisine sortant le même jour chaque année que Lupin se doute de quelque chose : un peu léger. Le suspense est dans l'ensemble peu présent. Dans La mort qui rôde, le fait qu'il n'y ait que quatre personnages développés ne laisse que peu de doute sur le dénouement. Et quand certaines sont surprenantes, comme Le fétu de paille, c'est parce qu'elles souffrent d'invraisemblances.

Quelques-unes valent cependant le détour comme Le mariage d'Arsène Lupin et l'Echarpe de soie rouge, et Edith au cou de cygne. La première que je cite est aussi l'une des plus longues, ce n'est pas un hasard. Edith au cou de cygne est de loin ma préférée, la brièveté n'est pas ici un souci tant l'ensemble est clair et bien mené. J'aurais aimé que le reste soit du même acabit.

Le lecteur novice qui méconnaît Arsène Lupin n'en connaîtra pas plus à la fin du livre. Là ou Conan Doyle distillait quelques informations sur son détective, Leblanc est avare en renseignements. Alors certes il fait de Lupin un personnage gouailleur et charmeur, adepte du travestissement et des pseudonymes en tout genre, mais de son passé, de ce qu'il fait, il n'en est nullement question. C'est dommage car cela aurait apporté davantage d'épaisseur au gentleman cambrioleur. Ceux qui liront cette critique me diront que cela laisse une part de mystère ou qu'il faut aller lire d'autres romans pour en connaître plus mais pour ma part, en me plaçant du point de vue d'un béotien, c'est frustrant et ce recueil ne donne pas spécialement envie d'en savoir plus. .

 

Les confidences d'Arsène Lupin est un livre finalement assez moyen. S'il y a du très bon, on se dit que cela aurait été bien meilleur si Maurice Leblanc avait pris la peine de développer son intrigue et ses personnages, transformant une histoire honnête en une œuvre inoubliable comme l'Aiguille creuse.

 

Ma note en gif: 

 

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