La Bibliothèque du Prof de l'être: 13 enquêtes élémentaires, Conan Doyle

Publié le par Le prof de l'être

La littérature regorge de personnages fascinants, je n'en ferai pas la liste ici mais je me contenterai de vous citer deux de mes préférés : Arsène Lupin et Fantômas. J'avais de l'admiration devant le gentleman cambrioleur et je ressentais de l'effroi en lisant les méfais abominables du génie du crime. Ils étaient les premiers surhommes et les meilleurs éléments de la police ne pouvaient rien contre eux. Chaque roman se finissait irrémédiablement par leur fuite sous le regard impuissant des forces de l'ordre. Ces deux héros défiaient la logique et étaient la réponse française au célèbre détective anglais Sherlock Holmes. Aurait-il pu les arrêter ? Maurice Leblanc, partisan pour le coup, nous dit que non dans Arsène Lupin contre Herlock Sholmès. La réalité aurait sans doute été tout autre.

Qui ne connait pas Sherlock Holmes. Tout le monde l'imagine avec son célèbre chapeau et sa pipe, s'écriant « Elémentaire mon cher Watson ! » (qu'il ne dit dans aucun roman de Conan Doyle). Personnellement, je connaissais le héros par les derniers films éponymes et l'excellente série Sherlock. Mais ce n'est que récemment que j'ai décidé de plonger dans ses aventures écrites à la faveur d'une visite guidée sur ses traces et d'un jeu de piste haletant.

13 enquêtes élémentaires est un recueil de nouvelles narrant les aventures du détective. Le problème de cette édition est qu'elle reprend des histoires dans plusieurs recueils et qu'on se perd parfois dans la chronologie. Une fois Watson est marié alors que dans la nouvelle suivante, le voilà de nouveau célibataire et colocataire de Holmes. Passé ce défaut, plusieurs choses m'ont plu dans ce recueil, en voici quelques-unes :

Dès la première nouvelle Un scandale en Bohème, il se fait supplanter par Irène Adler, « LA femme ». S'il parvient généralement à venir à bout des énigmes les plus délicates, force est de constater une chose : Holmes n'est pas infaillible. Il arrive que son client ne meure avant que l'enquête ne soit résolue comme dans Les cinq pépins d'orange. N'oublions pas de citer le Napoléon du crime, Moriarty, la Némésis du détective. Lui seul est parvenu à pousser Holmes dans ses retranchement et il en fallu de peu pour qu'il mette fin à ses aventures ( la pression des lecteurs surtout) . Cette faiblesse ne font que rendre le personnage plus humain et ses enquêtes deviennent de ce fait beaucoup plus intéressantes. On ne va pas se mentir, toutes ne sont pas exceptionnelles, Le Gloria Scott est tout à fait anecdotique, mais la plupart sont plaisantes et leur format court ne laisse pas de place à l'ennui.

Holmes est un personnage complexe. Le genre de la nouvelle me faisait craindre d'avoir une vue superficielle du héros. Finalement, au fil de ma lecture, sa personnalité se révèle petit à petit et il se révèle bien plus complexe qu'on ne le pense. S'il est évidemment brillant, avec un remarquable sens de l'observation, habile en travestissement, chimiste très doué et qu'il ne se dépare jamais de son flegme tout anglais, c'est aussi gros fumeur, drogué, capable de longue période d'inactivité s'il n'est pas stimulé, capable de tirer avec une arme à feu dans les murs de sa chambre et enfin avec un fort penchant pour la misanthropie, tolérant seulement son vieil ami Watson, médecin et chroniqueur de ses enquêtes.

Enfin, pour saupoudrer le tout, l'atmosphère de l'Angleterre est prenante, oscillant entre la fiévreuse cité londonienne et la quiétude de la campagne anglaise, crimes crapuleux, chantage mais aussi intrigues de cour. Chaque aventure à son ambiance unique, et c'est que plus agréable.

 

Au final, lire ces aventures furent un régal et m'ont fait parvenir à cette conclusion élémentaire : continuer à découvrir Sherlock Holmes.

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