Se souviendront-ils de moi ?

Publié le par Le prof de l'être

On fait un merveilleux métier mais c'est parfois difficile. On a des coups de blues. Cette année plus particulièrement pour ma part parce que je vais quitter une génération d'élèves que j'adore et je commence à me préparer psychologiquement à ne plus les voir. Trois mois, 90 jours, environ une soixantaine d'heures de cours à savourer. Le plus dur dans tout ça c'est que s'ils me manqueront énormément, ce ne sera sans doute pas réciproque. Dans un premier temps, ils ne m'oublieront pas, mais les années lycée auront raison de leurs souvenirs qui s'effaceront. Ils viennent nous voir au début puis leurs visites s'espacent et cessent. Ils garderont peut-être une vague image d'un jeune prof qui faisait des blagues pas toujours très drôles mais c'est tout. Avec un peu de chance, un ou deux se souviendront d'un de mes cours. On se pose finalement cette question existentielle: Que reste-t-il de notre passage dans une vie d'élève ? Quatre ans, ce n'est rien pour eux, mais pour nous qui les avons vus grandir et évoluer, ça signifie beaucoup. L'année prochaine, je ferai tout pour rester un enseignant qui essaye de rester drôle, mais un morceau de moi sera parti avec mes élèves de cette année. Etre un prof, c'est aussi surmonter sa peur du vide et de l'oubli pour avancer.

 

 

 

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