La Bibliothèque du prof de l'être: Nymphéas noirs, Michel Bussi

Publié le par Le prof de l'être

 

A chaque fois, avant d'ouvrir le livre d'un auteur contemporain, je me dis que rien ne peut plus me surprendre, qu'on a tout fait en littérature. Et pourtant, une nouvelle fois, je me suis encore fait agréablement avoir ! Le coupable ? Michel Bussi et son livre Nymphéas noirs.

A Giverny, le village où Monet vécut ces dernières années et peignit ses nymphéas, on retrouve le cadavre de Jérôme Morval, un notable de la région, tué d'un coup de couteau, la tête dans l'Epte. Les inspecteurs Laurenç Serenac et Silvio Bénavides vont alors mener l'enquête sous fond de trafic d'oeuvres d'art, d'enfants cachés et de maîtresse. En parallèle, nous suivons les aventures de trois femmes intiment liées à l'affaire : Fanette, Stéphanie Dupain et une mystérieuse vieille dame. Tout ce que l'on sait, c'est que deux d'entre elles mourront à l'issue de ce roman. Je n'en dirai pas plus, je ne me lancerai pas dans un long résumé pour ne pas gâcher le plaisir de votre lecture ni de votre relecture. Oui, de votre relecture, car quand vous aurez fermé le livre, découvert l'incroyable révélation des derniers chapitres, vous n'aurez qu'une envie, recommencer pour découvrir les indices disséminés dans ce roman.

Michel Bussi réussit le tour de force de nous maintenir en haleine, enchaînant les fausses pistes et les révélations tout au long de son roman. Vous n'arrêterez pas de faire les suppositions les plus folles, de changer de coupable. Vous oublierez vite vos certitudes et ce à chaque chapitre. Ce jeu aurait pu être risqué et nous perdre définitivement mais à la fin, tout devient limpide, comme une évidence. Tout était sous nos yeux.

Pour nous égarer un peu plus encore, l'histoire n'est pas linéaire et Bussi alterne les points de vue. On suit l'enquête avec Laurenç, Bénavides et Laurentin du point de vue d'un narrateur omniscient et celle des trois femmes avec un point de vue interne. Il n'est pas rare d'entendre les pensées de Fanette d'ailleurs. La vieille dame semble être omniciente, à l'air de tout savoir, elle sait comment ça va se finir. Pourquoi ??? L'auteur joue d'ailleurs avec nos nerfs quand une révélation va se faire en fin de chapitre et que le suivant commence avec un autre personnage...qui nous laissera vraisemblablement dans le même état de frustration que les précédents chapitres.

Malgré la multiplicité des personnages, on s'attache à chacun d'eux. On se surprend à attendre l'accouchement de la femme de Benavides, à la complicité de ce dernier avec Laurenç Serénac. On s'attache à la petite Fanette et à son amoureux Paul, on est triste devant la mélancolie de Stéphanie Dupain.

Dans ces descriptions, l'écrivain parvient à nous plonger dans l'atmosphère particulière du village impressionniste. Il ya bien sur les références explicites aux œuvres de Monet, le tourbillon de touristes qui s'y presse (une critique peut-être cachée d'un village devenu musée?) et une référence à l'exposition Normandie impressionniste de 2010. Bussi ne s'arrête pas là, lui même s'improvise peintre dans son oeuvre. Sa description par petites touches, le choix des couleurs, de la lumière, Stéphanie Dupain qui semble échappée d'un tableau de Monet (je vous laisse découvrir sa description). Jamais l'expression « dépeindre des lieux et des personnages » n'avaient eu autant de sens que dans ce roman.

Ma note en gif:

 

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