La bibliothèque du prof de l'être: Gravé dans le sable, Michel Bussi

Publié le par Le prof de l'être

Envoûté par les Nymphéas noirs, j'ai enchaîné par la lecture d'un deuxième Michel Bussi : Gravé dans le sable. Autant le dire toute de suite, j'ai été moins emballé que le précédent. Moins inventif, plus linéaire, Gravé dans le sable n'a pas la puissance de Nymphéas Noirs, peut-être parce qu'écrit précédemment, il en est quelque part une esquisse.

Ce 6 juin 1944, Lucky joue sa vie à la loterie. Pour 1,44 millions de dollars exactement. Mort sur les plages du débarquement, il ne verra jamais cet argent et sa famille non plus. Vingt ans plus tard, entre la Normandie et les Etats-Unis, sa fiancée Alice mène l'enquête sur le mystérieux contrat passé par Lucky et l'un de ses compagnons. Elle sera accompagnée dans sa quête par un detective privé et Lison, une normande elle aussi à la recherche de son fiancé disparu.

Gravé dans le sable, réedition d'Omaha Crimes est un des premiers romans de Bussi et cela se ressent. On y retrouve des thèmes et des procédés que Bussi réutilisera dans Nymphéas noirs. La Normandie est toujours fidèlement décrite. On se plonge aisément dans l'ambiance normande d'après-guerre, dans ce village de Château-le-diable en pleine mutation comme toute la région pendant les 30 glorieuses. La retranscription des Etats-Unis n'est pas aussi convaincante, cela tient davantage de la carte postale, d'une Amérique sur papier glacé. Les paysages lisses défilent et l'on y glisse sans qu'on y prêtent attention contrairement à ceux des côtes normandes. On sent Bussi moins à l'aise dans des lieux qu'il ne connaît pas et ne réussit pas comme il sait si bien le faire avec la Normandie à nous plonger dans une atmosphère particulière.

Du coté des personnages, peu ou pas de surprises, on retrouve quelque part les défauts d'un premier roman avec des personnages moins fouillés que d'autres. Michel Bussi excelle dans le portrait de femmes. Toujours fortes, souvent très belles et jamais heureuses. L'une d'elle préfigure Stéphanie Dupain de Nymphéas noirs par certains aspects, mais je n'en dirais pas plus. Les héroïnes sont émouvantes, avec une mention spéciale pour Lison. Cependant, c'est le deuxième roman que je lis de Bussi et je constate qu'il y a quasiment le même schéma d'héroïne. Si cela fonctionne encore dans mon cas, je serai déçu de retrouver la même psychlogie chez les personnages féminins. Mais comme je le dis en introduction, ce roman est peut-être l'ébauche de Nymphéas noirs. Le traitement des hommes est moins réussi : Nick ressemble à un cliché de détective privé et les autres hommes demeurent finalement assez anecdotiques. Cela nuit d'ailleurs au dénouement.

Le déroulement de l'intrigue est assez classique et ce jusqu'au dénouement qui n'est finalement pas si surprenant. Dommage car j'aurais aimé que l'auteur joue avec les époques, nous étonne dans sa narration. Il essaye certes de nous faire douter, mais l'on n'y croit guère. L'intrigue se suit tout de même sans déplaisir mais il n'y pas véritablement de « surprises ». Les monologues intérieurs de Nick n'apportent rien au livre, si ce n'est un point de vue dont on aurait pu finalement se passer.

En conclusion, mon impression est mitigée. Agréable mais sans surprise, émouvant mais pas renversant, Gravé dans le sable est un roman intéressant car il préfigure des thèmes repris plus tard dans Nymphéas noirs mais qui est finalement écrasé par ce dernier. Mon conseil, si vous ne voulez pas être déçu par ce roman, lisez-le avant Nymphéas noirs !

Ma note en gif: hésitation/20

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