On se tape la fiche: la versification.

Publié le par Le prof de l'être

Comment compter les syllabes dans un vers ?

 

Contrairement à une découpe syllabique standard d'un mot, découper les syllabes d'un vers en poésie est différent.

 

Le « e muet

En phonétique, il y a ce qu'on appelle le « e muet ». C'est un « e » placé en fin de mot qui ne se prononce pas quand on parle. Par exemple, le nom poème dispose d'un « e » muet, vous prononcez « poèm » et pas « poèmeuh », vous dites « Baudelair » et pas  « Baudelaireuh ».

Le "e muet"

Le "e muet"

Une fois que vous savez distinguer un « e  muet », découper un vers devient plus simple.

 

- On comptera le « e muet » si le mot qui suit commence par une consonne.

- On ne comptera pas le « e » muet si le mot qui suit commence par une voyelle ou est en fin de vers/à l'hémistiche (je vous expliquerai après).

Sous/le/ pont/ Mi/ra/beau/ cou/le/ la/ Seine/ (Le pont Mirabeau, Apollinaire)

Dans ce vers, on compte le « e muet » car « coule » est suivi de « la » qui commence par un « l », une consonne donc.

En revanche, si Apollinaire avait écrit :

Sous/ le/ pont/ Mi/ra/beau/ coule/ u/ne/ ri/vière

Vous remarquez ici que le « e muet » de « coule » ne se prononce pas car le mot suivant commence par une voyelle et ne compte donc qu'une syllabe.

Dans nos deux exemples, vous remarquez aussi que le « e muet » de « Seine » et de « rivière » ne se compte pas car ils sont en fin de vers.

L'astuce en plus : Vous lisez un poème classique et vous trouvez un nombre de vers impair (7/9/11/13). Recomptez et vérifiez les « e muet »

Regardez, je sais compter les syllabes des vers !

Regardez, je sais compter les syllabes des vers !

Le hiatus

Quand deux voyelles se succèdent mais ne font pas partie des mêmes syllabes, on peut avoir ce qu'on appelle un hiatus et le poète peut alors faire deux syllabes distinctes. Par exemple le nom « lion » peut se découper en « li/on » dans un poème. On peut avoir aussi un hiatus entre deux mots dont l'un finit par une voyelle (autre que le « e muet ») et l'autre commence par un voyelle. Par exemple : tu as/ il a eu.

 

L'astuce en plus : Ce hiatus entre deux mots n'est pas toléré dans la poésie classique. Un souci en moins.

 

La métrique

Une fois que vous avez le nombre de syllabes dans un vers, encore faut-il trouver son mètre. Rien de plus simple, à l'exception du 12 syllabes, il suffit à chaque fois de faire « le nombre en grec+ le mot syllabe ».

Quelques exemples :

Quadrisyllabes : 4 syllabes

Hexasyllabe : 6 syllabes

Octosyllabe : 8 syllabes

Décasyllabes : 10 syllabes

 

L'astuce en plus : Peur d'oublier le nom des nombres en grec ? Pensez aux mathématiques ! Vous savez combien de cotés à un octogone, un pentagone, un hexagone ? Vous savez donc dire 8 (octo), 5 (penta), 6 (hexa).

Un vers de 12 syllabes ne s'appelle pas le « dodécasyllabe » mais l'alexandrin. Pourquoi ? Parce que dans l'Antiquité, on écrivait des épopée en vers, d'habitude en octosyllabe ou en décasyllabe, mais pour raconter les aventures d'Alexandre le grand, on utilisa un mètre de 12 syllabes, on donna donc le nom d'alexandrin.

 

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La césure et l'hémistiche.

L'alexandrin se découpe en deux demi-vers de 6, ce qu'on appelle l'hémistiche. Quand on fait une pause dans un vers, on parle de césure. Donc quand on fait une pause dans un vers, on parle de césure à l'hémistiche.

 

L'astuce en plus ? Pour vous en souvenir. Alexandrie ? Alexandrin ! C'est idiot mais pour l'avoir fait avec mes élèves, ça fonctionne.

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