La bibliothèque du prof de l'être: Charlotte de David Foenkinos

Publié le par Le prof de l'être

Je n'ai pas l'habitude des auteurs contemporains. Comme je le dis souvent en plaisantant (et avec un peu de mauvaise foi), la littérature s'est arrêtée au XIXeme siècle. C'est donc hésitant que je me suis dirigé vers la bibliothèque de ma compagne. J'ai longtemps hésité, puis je me suis arrêté sur un livre Charlotte  de David Foenkinos. J'avais deux avis sur ce livre, l'un mitigé de ma mère qui trouvait l'oeuvre « dure et triste » et l'autre négatif de ma compagne qui ne savait pas me dire pourquoi car ça faisait longtemps qu'elle l'avait lu.

Charlotte est l'histoire vraie d'une artiste peintre allemande, Charlotte Salomon, morte dans un camp de concentration alors qu'elle était enceinte en 1943. Le sujet de la Shoah a été certes maintes fois traité, ce n'est pas ça qui va me faire lire ce livre. Non, ce qui m'interpelle feuilletant le roman, c'est sa forme : Foenkinos va à la ligne après chaque phrase. Effet de style superficiel ? Je m'interroge.

L'auteur explique qu'il se sent oppressé après chaque phrase. Je comprends rapidement pourquoi.

A chaque phrase, je suis emporté, j'ai besoin de reprendre mes esprits au bout de chaque ligne. Ce ne sont plus de simples phrases. Non. Ce sont des vers, des versets. La vie de Charlotte était un roman, c'est devenu une épopée qu'on lit avec la musique de Schubert dans la tête. Charlotte devient l'héroine d'une tragédie, victime d'une machine infernale. Plus la fin approche, plus on a peur. On connait la fin. On connait la fatalité qui touche la famille de Charlotte. La mort est au bout du chemin.

En parallèle, on suit le parcours de l'auteur qui marche sur les pas de Charlotte. Mais il se heurte aux portes qui se ferment, à des souvenirs diffus ou remisés dans un grenier, à l'incompréhension. L'auteur est comme son lecteur. Il doit tout s'imaginer. Charlotte nous demeure inaccessible. A certains égards, ce roman me fait penser à Dora Bruder de Modiano. Elle n'en demeure pas moins un personnage profond et attachant comme tous les autres personnages. 

J'ai pris une claque avec ce roman. Il m'incite à me replonger dans la littérature contemporaine. Non, la littérature ne s'est pas arrêtée au XIXeme siècle.

Ma note en gif: 

La bibliothèque du prof de l'être: Charlotte de David Foenkinos

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