Evènement

Publié le par Le prof de l'être

Voici un poème qui j'avais écrit il y a quelques années et qui me fait penser à la situation à Alep.

 

 

Événement


 


 

Un soir, des spectres avec des larmes de poussières vinrent sur nos terres.

De notre perron transparent, lucarne ouverte sur l’humanité, on les vit alors errer, hagard.

Aux micro des journalistes, ils nous racontèrent alors leurs univers, un grand cimetière où le végétal était devenu pierre. 

Le cri des animaux étaient remplacés par le bruit du mortier.

On tend l’oreille.

Il nous parle d’un roi maudit que les poursuit de ses charmes, et qui après la fureur de l’air leur impose le courroux de son feu

Ils ne parlent pas notre langue,

Ils s’écrient, prient et pleurent.

On les comprend.

On les entend.

Du moins, pendant un bref instant.

On est impuissant

Ils sont indifférents.

Les jours passèrent.

Le monde reprit sa ronde et les spectres au visage de poussière disparurent de notre perron transparent, cette lucarne hermétique à cette humanité.

Nous étions devenus sourds depuis bien longtemps.

Plus tard, on s’aperçut que c’était des hommes, des femmes et des enfants.

Et ce ce perron, lucarne symbolique de notre inhumanité

On n'arrivait plus à regarder notre reflet.


 

Publié dans Billet d'humeur

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article