Itinéraire d'un enseignant gâté ( Chapitre 1 partie 4)

Publié le par Le prof de l'être

Finalement, le 9 juillet 2010, après une première tentative raté: j'ai mon Capes. Ce concours est un peu comme un boss de jeu vidéo : tu essayes une première fois pour voir comment ça fonctionne, en regardant ses points forts et ses faiblesses, et la seconde fois, tu sais comment le vaincre et ça va tout seul. Je suis comme un chevalier de bronze dans Les Chevaliers du Zodiaque, je ne peux pas être surpris deux fois par la même attaque. J'avais tout réglé comme du papier musique : fiche, logistique le jour des oraux... Résultat final, je suis classé... dans les derniers mais au moins je l'ai. Ce qui me semblait relever de l'insurmontable se réalise : je suis professeur...enfin...stagiaire. Ce que je ne savais pas encore, c'était que ce classement allait me poursuivre pendant un bout de temps. Jusqu'à ma première inspection en tant que titulaire, c'est à dire pendant les cinq premières années de ma carrière, je garderai ma note du classement de concours. Au cinéma, le héros sans peur et sans reproche doit toujours se coltiner un boulet. C'est exactement moi avec ma note de concours. Mais le pire est à venir., Ce classement combiné à un nombre de points très faible vu que je suis seul, sans enfant et que je n'ai jamais travaillé dans l'Education Nationale, aura des conséquences immédiates sur mon avenir dans la profession. Quelques mois avant, j'avais fait mes vœux de mutation. Dans ma liste, j'avais mis l'académie de Caen, de Rouen, d'Orléans Tours, de Rennes, d'Amiens et de Lille. Tout le nord de la France en somme. Excepté le premier vœux, j'ai fait les autres n'importe comment. De toute façon, je suis persuadé de rester en stage dans mon académie d'origine. Ce ne serait vraiment pas de chance de partir dès mon année de stage. Perdu. Au milieu du mois d'août, les résultats tombent et je me retrouve...dans l'académie d'Amiens. La Picardie ??? Les deux seules choses que je connaisse de la région sont le département de la Somme aperçu dans Le Pacha et les reportages sur le tuning et les fans de Johnny dans Confessions Intimes. J'avais projeté de m'en aller de chez mes parents si j'avais mon concours, mais dans ma tête, c'était pour emménager dans la Manche voire à la rigueur dans l'Orne. Je ne pensais pas partir si loin de chez moi. Sonné, il me faut quelques heures pour encaisser la nouvelle. Le soir, je regarde la carte de la région et je relativise : l'Oise n'est pas très loin d'où habitent les parents de ma copine d'alors. Voilà un point d'attache pour commencer. Bon finalement, je ne m'en tire si mal ! Je m'apercevrais de ma « chance » quelques semaines plus tard quand mes nouveaux collègues de formation me diront d'où ils viennent. Dans l'Education Nationale, quand aucun de tes vœux n'est pris en compte, tu es mis où il y a de la place. Et pas de chance, c'est dans le nord de la France qu'il y a le plus de postes vacants. C'est ainsi que je me retrouve avec des collègues qui arrivent de la Provence ou de la Gironde. Pour eux, le dépaysement est complet et le déménagement bien compliqué, surtout que lors de notre arrivée, on ne sait pas dans quel secteur on est affecté.

J'utilise les quinze derniers jours du mois pour me préparer psychologiquement à quitter ma famille, mes amis et la région. Le grand départ a lieu le 25 août. Et, mais c'est qu'elle est bien développée cette première partie ! Je vais peut-être la garder de coté pour un préquel en fait. Je pourrais l'appeler Prof, les origines du mal .

Allez hop on y va, en route pour l'aventure !

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